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ORDURES A KINSHASA : UNE BOMBE A RETARDEMENT POUR LA SANTE PUBLIQUE

Creator : MANAGERS Vues : 461 vues Created : 6 mois, 1 semaine
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Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, est confrontée à une crise sanitaire silencieuse mais alarmante : l’accumulation massive et incontrôlée des déchets solides dans l’espace public. Dans cette mégapole de plus de 15 millions d’habitants, la gestion des ordures est devenue un défi sanitaire, environnemental et social majeur. Conséquence : les Kinois vivent au quotidien sous la menace accrue de maladies infectieuses, respiratoires et chroniques, alors même que le système de santé peine déjà à répondre aux besoins de la population.

Par Paul-Daniel Okemba

Une ville en pleine croissance, une salubrité en déclin

Kinshasa connaît une croissance démographique fulgurante, souvent non planifiée, qui génère chaque jour plus de 7 000 tonnes de déchets solides. Selon l’OMS et la Banque mondiale, à peine 10 à 20 % de ces ordures sont effectivement collectées par les services de la mairie. Sans tri sélectif, sans infrastructures adaptées et avec la multiplication des décharges sauvages, les ordures s’accumulent dans les rues, les marchés, les caniveaux et jusque dans les rivières. Une bombe écologique et sanitaire à retardement

 

Conséquences sanitaires directes

Maladies infectieuses L’accumulation des déchets favorise la prolifération de rats, de mouches et de moustiques, véritables vecteurs de pathologies graves.

Avec la saison des pluies, le risque s’accroît : ordures et eaux usées se mélangent, transformant les quartiers en foyers propices à la propagation des épidémies.

 

Maladies respiratoires : un air irrespirable

Dans de nombreux quartiers, les tas d’ordures sont souvent brûlés à ciel ouvert. Une pratique qui dégage des fumées épaisses, saturées de particules fines et de substances chimiques nocives. L’air devient rapidement irrespirable. Les médecins tirent la sonnette d’alarme : les cas d’asthme, de bronchites chroniques et d’infections respiratoires aiguës se multiplient, tandis que les patients souffrant déjà de maladies cardiaques ou pulmonaires voient leur état s’aggraver. Les plus vulnérables restent les enfants, les personnes âgées et toutes les familles vivant à proximité immédiate de ces dépotoirs.

 

Santé maternelle et infantile : les plus vulnérables en première ligne

Dans les quartiers populaires, il n’est pas rare de voir des enfants jouer à proximité immédiate des tas d’ordures. Une banalité qui cache un véritable danger sanitaire. Les femmes enceintes ne sont pas épargnées : les spécialistes mettent en garde contre un risque accru de fausses-couches, de retards de croissance du fœtus et d’accouchements prématurés. Un cocktail explosif pour une santé maternelle et infantile déjà fragilisée. Le cholera par exemple, affiche une tendance haussière à Kinshasa.

 

Enjeux de santé publique et défis structurels

Cette crise révèle de profondes défaillances structurelles :

 

Pistes de solutions : sortir Kinshasa de l’étouffement

Le chef de l’Etat venait de désigner des nouveaux mandataires à la régie d’assainissement de Kinshasa (Raskin). Elle organise la collecte des déchets nuitamment dans les grands carrefours. Son action est encore timide sur terrain, même si elle dispose d’une unité de police de l’environnement. La ville de Kinshasa s’est également rapprochée d’une firme turque experte de l’environnement. La lutte passe aussi par la mobilisation citoyenne : campagnes d’hygiène, implication des communautés, responsabilisation des quartiers. Du côté institutionnel, le renforcement du cadre légal et des contrôles - notamment pour les déchets industriels et hospitaliers -s’impose. Certains proposent même la création d’un observatoire urbain de la santé environnementale pour suivre, en temps réel, l’impact de l’insalubrité. Car le constat est clair : si rien n’est fait, Kinshasa restera piégée dans un cercle vicieux où les déchets alimentent des maladies évitables. Miser sur une gestion durable des ordures, c’est protéger la santé publique, renforcer la résilience urbaine et offrir aux générations futures l’espoir d’une capitale plus propre, respirable et vivable.

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