BMRI : LE PLUS GRAND CENTRE DE RECHERCHE BIOMEDICALE DE L’HEMISPHERE SUD
L’Afrique du Sud vient de franchir une étape historique dans le
domaine de la recherche en santé. Le 19 avril 2023, l’Université de
Stellenbosch a inauguré officiellement le Biomedical Research
Institute (BMRI),
désormais dirigé par le Professeur Jean B. Nachega, figure internationale de la
santé publique et des maladies infectieuses.
Avec ses 13 938 m² de
laboratoires ultramodernes, ses infrastructures de niveau mondial et plus de
500 chercheurs et étudiants, le BMRI est présenté comme le plus grand complexe
de recherche biomédicale de l’hémisphère sud - et l’un des plus ambitieux
jamais construits sur le continent.
Un
pilier pour la recherche en Afrique
Implanté sur le campus Tygerberg, au Cap, le BMRI a été pensé pour
répondre aux grands défis sanitaires qui affectent les populations africaines :
tuberculose, VIH/sida, maladies cardio-métaboliques, affections génétiques et
neurologiques, troubles de la fertilité, ainsi que les maladies émergentes
liées aux épidémies. « Le BMRI se consacre à la compréhension des bases
génétiques et biomoléculaires des maladies, avec un accent particulier sur
l’Afrique », explique le Professeur Nico Gey van Pittius, vice-doyen à la
recherche et à l’internationalisation de la Faculté de Médecine et des Sciences
de la Santé (FMHS).
Le projet représente un investissement colossal : 1,2 milliard de
rands, soit près de 66 millions de dollars américains. Un choix assumé par
l’université et le gouvernement sud-africain, qui souhaitent faire du centre un
moteur continental de l’innovation biomédicale.
Un équipement
scientifique sans équivalent en Afrique
Le BMRI n’est pas un laboratoire comme les autres. Il abrite
certains des équipements les plus avancés du continent :
Des
infrastructures uniques :
•
Le plus grand laboratoire de biosécurité niveau 3 (BSL-3) d’Afrique (600 m²) ;
•
Une bio-réserve robotisée capable de stocker jusqu’à 3,5 millions
d’échantillons à -190 °C ;
•
Des plateformes de microscopie électronique, protéomique, bio-informatique,
cytométrie de flux ;
•
Un laboratoire de réalité virtuelle appliquée à la psychiatrie expérimentale.
Le Professeur Novel Chegou, spécialiste mondial de l’immunologie
de la tuberculose, témoigne de cette transformation spectaculaire : « Il y a dix-huit
ans, nous travaillions dans des couloirs étroits, entourés de réfrigérateurs.
Aujourd’hui, nous disposons de laboratoires ultramodernes et d’un
environnement propice à la recherche collaborative ».
Un
centre académique tourné vers l’avenir
Le BMRI intègre également des espaces dédiés à la formation et à
la pédagogie :
•
Le Centre de Morphologie Médicale, où les étudiants pratiquent la dissection et
l’étude anatomique ;
•
Le laboratoire Sunskill, plateforme de simulation chirurgicale destinée aux
internes.
«
Nous avons conçu le BMRI en pensant aux technologies des prochaines décennies
», souligne le Pr Gey van Pittius, l’un des architectes du projet avec Eben
Mouton, directeur de la gestion des affaires à la FMHS.
Un leadership
panafricain pour un projet continental
La nomination du Professeur Jean B. Nachega à la tête du BMRI
marque un tournant stratégique majeur. Chercheur congolais de renommée
internationale pour ses travaux sur le VIH, la tuberculose
et les maladies émergentes, le Pr Nachega apporte une vision
profondément africaine de la recherche biomédicale. Le comité exécutif de la
Faculté de Médecine souligne : « Sous la direction du Professeur Nachega, le
BMRI consolide sa vocation de centre d’excellence continental, tourné vers
l’innovation, la formation et la recherche translationnelle ».
Un
projet au cœur des enjeux sanitaires mondiaux
Le BMRI s’attaque à des questions scientifiques majeures. Parmi
ses axes prioritaires figurent : la tuberculose humaine et animale, les
neurosciences, les maladies cardio-métaboliques, la génomique des maladies
rares, la santé reproductive ainsi que les réponses innovantes aux épidémies.
C’est d’ailleurs à Stellenbosch, dans ce même écosystème
scientifique, que le chercheur de renommée mondiale Tulio de Oliveira a
identifié pour la première fois le variant Omicron du SARS-CoV-2. « Les plans
du BMRI ont inspiré la création du Centre for Epidemic Response and Innovation
(CERI) », confie-t-il.
Un
symbole du renouveau scientifique africain
Ambitieux, technologiquement avancé et résolument panafricain, le
BMRI dépasse la simple dimension d’une infrastructure : il incarne la volonté
du continent de produire sa propre science, ses propres innovations et ses
propres réponses aux crises sanitaires.
Pour le Professeur Nachega, la mission est claire : « L’Afrique
doit produire sa propre science pour répondre à ses propres besoins. Le BMRI
est un pas décisif dans cette direction »
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